Message
de Sa Sainteté le Dalaï-Lama
pour le 46e anniversaire
du soulèvement national tibétain
A l’occasion du 46è anniversaire du soulèvement
du peuple tibétain, j’adresse mes vœux les plus chaleureux à mes compatriotes
tibétains, à ceux qui vivent en exil et à ceux
qui sont au Tibet. Je salue également très chaleureusement tous nos amis de
par le monde.
Durant ces quatre dernières décennies, de grands
changements se sont produits au Tibet. Des progrès économiques ont été constatés,
notamment en matière de développement des infrastructures. Le train Golmud-Lhassa
actuellement en construction en est un exemple parmi d’autres. Par ailleurs,
durant la même période, beaucoup de journalistes et de voyageurs indépendants
qui se sont rendus au Tibet ont écrit sur ce qui s’y passait réellement, et
non pas sur ce qu’on choisissait de leur montrer. La plupart décrivent une
situation très différente de celle dont fait état le gouvernement chinois,
et se montrent très critiques envers
De temps en temps au Tibet, d’importants dirigeants
tibétains, hommes respectés de tous, s’expriment franchement sur ce sujet,
allant jusqu’à payer chèrement leurs actions courageuses. Au début des années
1960, feu le Panchen Lama, dans une pétition adressée aux autorités chinoises,
a fait connaître les souffrances et les attentes du peuple tibétain. De même,
dans la biographie qu’il a publiée récemment en anglais, Bapa Phuntsok Wangyal,
l’un des principaux dirigeants communistes tibétains, insiste particulièrement
sur la nécessité de mieux faire connaître les intérêts du peuple tibétain.
De fait, il est manifeste qu’au Tibet la plupart des hauts responsables tibétains
sont, au plus profond d’eux-mêmes, extrêmement mécontents.
Cette année, le gouvernement chinois célébrera
le 40è anniversaire de la création de
Le monde dans sa globalité, et
Si je m’implique personnellement dans les affaires
du Tibet, ce n’est pas pour revendiquer certains droits personnels ou une
quelconque position politique me concernant,
ni pour tenter de faire valoir des revendications pour l’administration tibétaine
en exil. En 1992, dans une déclaration officielle, j’ai déclaré que lorsque
nous retournerons au Tibet, une fois acquise l’assurance d’un certain degré
de liberté, je ne conserverai aucune fonction au sein du gouvernement tibétain
et n’accepterai pas de responsabilité politique.
J’ai déclaré également que l'actuelle administration en exil serait
dissoute. En outre, les Tibétains
qui vivent actuellement au Tibet assumeront seuls la pleine responsabilité
d’administrer le Tibet.
Une fois encore, je veux réaffirmer devant les
autorités chinoises qu’aussi longtemps que je serai responsable des affaires
du Tibet, nous continuerons à nous sentir pleinement engagés par l’Approche
de la voie médiane que j’ai proposée, approche qui ne revendique pas l’indépendance
pour le Tibet mais confirme notre volonté de demeurer au sein de
Je suis heureux d’avoir renoué des contacts avec
les dirigeants chinois et de voir s’améliorer peu à peu nos échanges, comme
l’a montré la troisième série de rencontres en septembre dernier. Maintenant
que la direction politique de notre gouvernement élu au suffrage universel
a pris plus de responsabilités dans les affaires tibétaines, je lui ai recommandé
d’enquêter sur le sujet soulevé par nos partenaires chinois durant notre troisième
série de dialogues et de prendre des mesures nécessaires pour répondre à ces
besoins. Nous gardons espoir qu’éventuellement
nous serons capables de développer la confiance nécessaire pour résoudre à
notre mutuel avantage cette question du Tibet qui est latente depuis longtemps.
Pour finir, j’aimerai saisir l’occasion qui m’est fournie aujourd’hui d’exprimer
la gratitude et la reconnaissance du peuple tibétain au gouvernement indien
et son peuple pour la sympathie et le soutien inébranlable qu’ils nous ont
manifesté. Personnellement, je me considère comme faisant partie de cette
nation, non seulement en raison des liens religieux et culturels qui ont rapproché
l'Inde et le Tibet durant des siècles mais aussi pour avoir, comme la plupart
des Tibétains en exil, vécu en Inde durant ces quarante cinq dernières années.
Mes prières vont aux hommes et aux femmes courageux
du Tibet, qui ont donné leur vie pour la défense de la liberté du Tibet.