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L'Accord en 17 points
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Cet accord a été signé à Pékin par une délégation
tibétaine, sous la menace d'une invasion armée du Tibet, et complètement
abandonnée par la communauté internationale. Après négociations de l'assemblée
nationale, Sa Sainteté le XIVème Dalaï
Lama télégraphia son approbation à Pékin le 28 septembre, approbation
avant tout acquise par les points affirmant que le statut religieux du
Tibet serait préservé. ACCORD
ENTRE LE GOUVERNEMENT CENTRAL POPULAIRE
La nationalité tibétaine est l'une des nationalités
ayant une longue histoire à l'intérieur des limites de la Chine et, comme
beaucoup d'autres nationalités, elle a accompli son devoir glorieux tout
au long du processus de constitution et de développement de notre grande
Patrie. Mais au cours des cent dernières années et
plus, des forces impérialistes ont pénétré en Chine et, par voie de conséquence,
ont pénétré aussi dans la région tibétaine en ayant recours dans leur
comportement à toutes sortes de tromperies et de provocations. Comme les
précédents gouvernements réactionnaires, le gouvernement réactionnaire
du Kuomintang a continué de mettre en oeuvre
une politique d'oppression et de discorde parmi les nationalités, provoquant
la division et la désunion au sein du peuple tibétain. Le gouvernement
local du Tibet ne s'est pas opposé aux tromperies et aux provocations
impérialistes et il a adopté une attitude antipatriotique à l'égard de
notre grande Patrie. Dans ces conditions, la nationalité et le peuple
tibétains ont été plongés dans le gouffre de l'esclavage et de la souffrance. En 1949, une victoire fondamentale a été
remportée à l'échelle de toute la nation. Dans la guerre de libération
du peuple chinois, l'ennemi intérieur commun à toutes les nationalités
(le gouvernement réactionnaire du Kuomintang) a été éliminé et l'ennemi extérieur commun à toutes
les nationalités (les forces d'agression impérialistes) a été repoussé.
C'est sur ce succès qu'a été proclamée la fondation de la République Populaire
de Chine et du Gouvernement central populaire. En accord avec le Programme commun adopté
par la Conférence politique consultative populaire de Chine, le Gouvernement
central populaire a déclaré que toutes les nationalités à l'intérieur
des limites de la République Populaire de Chine étaient égales, qu'elles
instaureront l'unité et l'aide mutuelle et s'opposeront à l'impérialisme
et à leurs propres ennemis publics de sorte que la République Populaire
de Chine deviendra une grande famille de fraternité et de coopération,
composée de toutes ses nationalités, et qu'à l'intérieur de cette grande
famille de toutes les nationalités de la République Populaire de Chine,
une autonomie régionale nationale sera exercée dans les territoires où
les minorités nationales sont concentrées, et que toutes les minorités
nationales auront la liberté de promouvoir leurs langages écrits et parlés
et de préserver ou de réformer leurs coutumes, usages et croyances religieuses,
tandis qu'il appartiendra au Gouvernement central populaire d'aider toutes
les minorités nationales dans leur oeuvre d'édification politique, économique,
culturelle et éducative. Depuis lors, toutes les nationalités à l'intérieur
du pays, à l'exception de celles du Tibet et de Taïwan,
ont obtenu leur libération. Sous la conduite unifiée du Gouvernement central
populaire et la conduite directe aux plus hauts niveaux du Gouvernement
populaire, toutes les minorités nationales jouissent à égalité de leur
droit national et ont établi ou sont en voie d'établir une autonomie nationale
régionale. En vue de parvenir à éliminer avec succès
les influences des forces agressives impérialistes au Tibet, de réaliser
l'unification du territoire et la souveraineté de la République Populaire
de Chine, et d'assurer la défense nationale ; en vue de parvenir
à assurer la libération de la nationalité et du peuple tibétains et leur
retour dans la grande famille de la République Populaire de Chine pour
y jouir des mêmes droits à l'égalité nationale que toutes les autres nationalités
et pour réaliser leur oeuvre d'édification politique, économique, culturelle
et éducative, le Gouvernement central populaire, quand il a donné l'ordre
à l'armée populaire de Libération d'entrer au Tibet, a demandé au gouvernement
local du Tibet d'envoyer des délégués auprès des autorités centrales pour
mener des négociations en vue de la conclusion d'un accord sur les mesures
pour la libération pacifique du Tibet. Dans les derniers jours d'avril 1951, les
délégués sont arrivés à Pékin munis des pleins pouvoirs du gouvernement
local du Tibet. Le Gouvernement central populaire a désigné des représentants
munis des pleins pouvoirs pour mener les négociations sur une base amicale
avec les délégués plénipotentiaires du gouvernement local du Tibet. A
la suite de ces négociations, les deux parties sont convenues de conclure
cet accord et de garantir son exécution. POINT 1 : Le peuple tibétain s'unira
pour chasser hors du Tibet les forces d'agression impérialistes :
le Tibet reviendra à la grande famille de la Patrie, la République Populaire
de Chine. POINT 2 : Le gouvernement local
du Tibet contribuera activement à l'entrée au Tibet de l'armée populaire
de Libération et à la consolidation de la défense nationale. POINT 3 : En accord avec la politique
à l'égard des nationalités inscrites dans le Programmne
commun de la Conférence politique consultative populaire chinoise, le
peuple tibétain aura le droit à l'exercice d'une autonomie nationale régionale
sous la conduite du Gouvernement central populaire. POINT 4 : Les autorités centrales
ne modifieront pas l'actuel système politique du Tibet. De même, les autorités
centrales ne modifieront pas le statut établi, les fonctions et les pouvoirs
du Dalaï-Lama. Les fonctionnaires des différents grades rempliront leur
charge comme à l'accoutumée. POINT 5 : Le statut établi, les
fonctions et les pouvoirs du Panchen-Lama seront
maintenus. POINT 6 : Par statut établi, fonctions
et pouvoirs du Dalaï-Lama et du Panchen-Lama,
on entend le statut, les fonctions et les pouvoirs du treizième Dalaï-Lama et du neuvième Panchen-Lama
à l'époque où ils étaient en bonnes et amicales relations l'un avec l'autre. POINT 7 : La politique de liberté
de croyance religieuse inscrite dans le Programme commun de la Conférenoe
politique consultative populaire chinoise sera mise en oeuvre. Les croyances
religieuses, coutumes et usages du peuple tibétain seront respectés, et
les communautés de lamas seront protégées. Les autorités centrales n'effectueront
aucun changement dans le revenu des monastères. POINT 8 : Les troupes tibétaines
seront réorganisées par étape, au sein de l'Armée populaire de Libération
et deviendront une partie des forces nationales de défense de la République
Populaire de Chine. POINT 9 : Le langage parlé et écrit
et le système éducatif de la nationalité tibétaine seront développés progressivement
en fonction des conditions actuelles au Tibet. POINT 10 : L'agriculture tibétaine,
l'élevage, l'industrie et le commerce seront développés progressivement
et le niveau de vie du peuple sera amélioré progressivement en fonction
des conditions actuelles au Tibet. POINT 11 : En ce qui concerne les
différentes réformes au Tibet, il n'y aura pas de coercition de la part
des autorités centrales. Le gouvernement local du Tibet devra réaliser
les réformes de sa propre volonté et quand le peuple présentera des demandes
de réformes, elles devront être examinées en consultation avec le personnel
dirigeant du Tibet. POINT 12 : Pour autant que les
anciens fonctionnaires pro-impérialistes et pro-Kuomintang
auront rompu leurs relations avec l'impérialisme et le Kuomintang
et ne se livreront pas à des actes de sabotage et de résistance, ils pourront
continuer à remplir leur charge, quel que soit leur passé. POINT 13 : L'Armée populaire
de Libération entrant au Tibet sera tenue par toutes les dispositions
ci-dessus mentionnées et se comportera loyalement dans ses achats et ses
cessions et ne prélèvera arbitrairement sur le peuple ni la moindre aiguille
ni le moindre fil. POINT 14 : Le Gouvernement central
populaire prendra en charge la conduite centralisée des affaires extérieures
du territoire du Tibet ; la coexistence pacifique avec les pays voisins
ainsi que l'établissement et le développement des relations commerciales
et des échanges avec ceux-ci seront organisés sur la base de l'égalité,
de l'avantage mutuel et du respect réciproque du territoire et de la souveraineté. POINT 15 : En vue d'assurer la
mise en oeuvre du présent accord, le Gouvernement central populaire établira
un comité militaire et administratif ainsi qu'un quartier général militaire
territorial au Tibet et, outre le personnel envoyé sur place, engagera
le plus possible de personnel tibétain pour prendre part au travail. Le
personnel local tibétain participant au comité militaire et administratif
pourra indure les éléments patriotiques provenant du gouvernement local
du Tibet, des différents districts et des principaux monastères ;
la liste nominative sera établie après consultation entre les représentants
désignés par le Gouvernement central populaire et les différentes parties
concernées, et sera soumise pour approbation au Gouvernement central populaire. POINT 16 : Les dépenses du comité
militaire et administratif, du quartier général militaire territorial
et de l'armée populaire de Libération envoyée au Tibet seront couvertes
par le Gouvernement central populaire. Le Gouvernement local du Tibet
assistera l'armée populaire de Libération pour l'achat et le transport
de nourriture, du fourrage et autres biens de consommation. POINT 17 : Le présent accord entrera
en vigueur immédiatement après que les signatures et les sceaux y auront
été apposés. Gilbert Pepin (gilbert.pepin@free.fr)
nous autorise à publier le présent texte. Les précisions concernant l'accord
sont extraites de l'ouvrage intitulé "Histoire des Dalaï-lamas de
Roland Barraux publié en France par Albin Michel. |