ORGANISATION DU GOUVERNEMENT TIBETAIN
EN EXIL
Aujourd'hui, 5,8 millions de Tibétains vivent dans leur pays envahi et occupé
par les Chinois.
Depuis 1959, plus de 100 000 Tibétains ont fui les persécutions. Aujourd'hui,
150 000 Tibétains vivent hors du Tibet en exil.
Bien avant l'invasion chinoise, le Dalaï-Lama, en vue d'améliorer le niveau
de vie des Tibétains, choisit le processus démocratique en créant un Comité
de Réforme ( en tibétain : Léktcheu Lékhoung ) en 1949. Son travail commençait
à porter ses fruits lorsque son pays fut envahi. Par ailleurs, les autorités
de Pékin ont tout fait pour remplacer les efforts de réforme tibétains mais
imposé leur version de réforme.
Depuis, son objectif principal a été de mettre en place un gouvernement démocratique
apte à gouverner au mieux le Tibet en exil dont les expériences pourront servir
lorsque le Tibet aura retrouvé sa liberté. En 1959, dès son arrivée en Inde,
il reconstitue le Gouvernement. Le 2 septembre 1960 naissait la première Assemblée
des Députés du Peuple Tibétain.
Le 10 mars 1963, la Constitution, fondée sur la Déclaration Universelle des
Droits de l'Homme, est promulguée et appliquée au sein du gouvernement en exil.
En 1964, une administration propre se révèle en un corps représentatif au sein
de chaque village et la première assemblée générale de ce nouveau corps constitué
se réunit en 1969. Elle se tient depuis tous les ans à Dharamsala.
En 1990, le Dalaï-Lama dissout la 10e Assemblée et annonce la démission du Conseil
des Ministres, le Kashag car il demande au Parlement de nommer démocratiquement
un Kashag et ne veut plus le nommer lui-même. Il demande également au Conseil
Constitutionnel de rendre cette Assemblée plus responsable que celle de 1963.
Le 14 juin 1991, la 11e Assemblée devient l'autorité législative de la communauté
en exil, incluant dans son mandat l'élection du Kashag. Elle publie un texte
constitutionnel, appelé la Charte des Tibétains en exil. Elle énonce les droits
et les devoirs de la communauté avec pour modèle les documents analogues établis
par les démocraties libérales, et pose les bases d'un système démocratique efficace
garantissant les droits individuels et adapté aux particularités du Tibet. La
Charte statue les principes qui régissent le gouvernement en exil, définit les
fonctions des différents corps - exécutif, législatif et judiciaire -, définit
les principes fondamentaux de la politique tibétaine, affirme le principe de
la non-violence et de l'égalité…
En 1992, il a rédigé " Les lignes directrices de la politique du Tibet
futur et traits fondamentaux de sa constitution ", document soumis aux
critiques et commentaires des représentants du peuple tibétain et servant de
fondement aujourd'hui au gouvernement tibétain en exil.
La lutte pacifique : Dès son arrivée en exil, à Dharamsala dans le nord
de l'Inde, Sa Sainteté le Dalaï-Lama a reconstitué un gouvernement tibétain
qui fonctionne désormais selon les principes modernes de la démocratie. Celui-ci
prend en charge les réfugiés arrivés du Tibet et concentre ses efforts sur l'éducation
des enfants. Il aide également le peuple tibétain dans sa lutte pacifique pour
recouvrer la liberté. Le bien-fondé de la position de Sa Sainteté le Dalaï-Lama
est reconnu par l'opinion internationale et lui a valu le Prix Nobel de la Paix
en 1989. Le gouvernement tibétain en exil cherche à résoudre le problème tibétain
par des négociations directes avec Pékin. Sa Sainteté le Dalaï-Lama a proposé
aux autorités chinoises un statut d'autonomie réelle pour le Tibet. Cependant,
le gouvernement chinois a jusqu'ici refusé toutes les propositions. Il poursuit
sa répression au Tibet et continue d'imposer des conditions préalables à l'ouverture
de toute négociation. Le 20 juin 2000, Sa Sainteté le Dalaï-Lama, à l'issue
d'une rencontre à la Maison Blanche avec le président Bill Clinton, a
qualifié de très critique la situation intérieure au Tibet et a réaffirmé
sa position en déclarant : "Je ne réclame pas l'indépendance mais une réelle
autonomie. Ce n'est pas vers le passé que je porte mon regard mais vers l'avenir".
C'est en septembre 2002, et puis en juin 2003 et en septembre 2004, grâce à
la visite des émissaires du Dalaï-Lama à Lhassa et à Pékin que furent rétablies
des relations sino-tibétaines après 10 ans du gèle.
Le Kashag ou le Cabinet de l'Administration Tibétaine Centrale (CTA), est la
plus haute instance exécutive du gouvernement tibétain. Il est composé d'un
président et de sept ministres : de l'Information et des Relations Internationales,
de l'Éducation, de l'Intérieur, de la Sécurité, des Finances, des Affaires religieuses
et culturelles et de la Santé.
Depuis 2001, le Premier ministre (Kalon Tripa) est élu au suffrage universel
par tous les Tibétains en exil en âge de voter. Le Premier ministre choisit
ses ministres dont chaque membre doit recevoir l'approbation du Parlement. Le
gouvernement est donc collectivement responsable devant le Parlement.
En 2001, la 13e législature du Parlement tibétain en exil a approuvé la désignation
des trois candidats aux postes de ministre proposés par le Premier Ministre,
nouvellement élus au suffrage direct. Selon l'alinéa 2 de l'article 29
de la Charte du gouvernement tibétain en exil, le Professeur Samdhong Rinpotché,
Premier Ministre a attribué à chacun d'entre eux le portefeuille représentant
les différents départements :
Monsieur Thubten Lungrig a été nommé ministre de l'Education et de la Santé.
Monsieur Lobsang Nyima, a été nommé au poste de ministre de la Religion et la
Culture, et Monsieur Lobsang Nyendrak Zayul a été nommé pour occuper le poste
de ministre des Finances et de l'Information et des Relations internationales.
Par ailleurs, le Premier ministre devra gérer le portefeuille des ministères
de la Sécurité et de l'Intérieur.
Sites du gouvernement tibétain en exil : www.tibet.com
ou www.tibet.net
Chef du gouvernement en exil, le Professeur Samdhong Rinpotché : Né au
Tibet, à Nagdug, village de la province de Kham, il a accompli toutes les étapes
d'ordination de moine bouddhique et porte le titre de "Bhiktchou Mahathéro".
Ses études monastiques, commencées au Tibet à l'Université de Drépoung,
se poursuivirent, après l'occupation du Tibet par la Chine, à la nouvelle Université
monastique de Drépoung, réinstallée en Inde. Il a obtenu le diplôme correspondant
au plus haut degré de "Guéshé", c'est-à-dire de docteur ès sciences
bouddhiques, au monastère tantrique de Gyuto, réinstallé en Inde également,
à Dalhousie. Éminent érudit, le Professeur Samdhong Rinpotché a occupé d'importantes
fonctions dans divers lycées tibétains puis fut nommé directeur à l'Institut
Central des Hautes Études Tibétaines à Bénarès en Inde. Il a fait partie de
l'Association des Universités Indiennes (AIU) en tant que membre de son Comité
permanent, puis il en a finalement été élu Président en 1998. Parallèlement
à ces fonctions universitaires, le Professeur Samdhong Rinptoché fut, de 1970
à 1973, vice-président du Congrès de la Jeunesse Tibétaine. En outre, le Professeur
Samdhong Rinpotché fut responsable de l'ensemble des publications de l'Institut
Central des Hautes Études Tibétaines. Il a lui même publié une soixantaine d'études
et d'entretiens dans diverses revues universitaires et de la presse écrite.
L'Assemblée des Députés du Peuple Tibétain exerce les pouvoirs législatifs.
Il est renouvelé tous les 5 ans, au suffrage direct par tous les électeurs tibétains
vivant hors du Tibet. Il est composé de 46 députés dont 43 représentant
3 régions (U-Tsang, Kham et Amdo) et 5 écoles religieuses du Tibet (Nyingma,
Kagyu, Sakya, Guélouk, Boen), et 3 autres députés nommés par le Dalaï-Lama.
Tous les députés sont égaux dans leurs prérogatives.
Chaque année, deux séances plénières réunissant obligatoirement tous les 46
députés sont organisées au mois de mars et septembre.
En dehors de ces séances, la Commission permanente d'au moins 12 députés siègent
et travaillent à l'Assemblée. Le Parlement vote le budget, passe les lois, et
contrôle les actions du gouvernement. L'élection de l'actuelle législature (la
13è assemblée) a eu lieu au printemps 2001.
Président du Parlement : Monsieur Pema JUNGNE
Vice-Présidente : Madame Dolma GYARI
Le Département des Affaires religieuses et culturelles est créé dès l'exil pour
préserver et promouvoir la compréhension de la religion et de la culture tibétaines.
Depuis leur arrivée en exil, plus de 200 monastères et temples ont été construits
par les Tibétains en Inde et au Népal où 20 000 religieux et religieuses reçoivent
de la formation traditionelle. Le Département maintient des relations
étroites avec les réseaux des centres bouddhistes tibétains répandus dans le
monde entier. Par ailleurs, l'Institut des danses et musique tibétains
TIPA sis à Dharamsala, Tibet House à New Delhi font partie du Département de
la Culture.
Le Département de l'Intérieur est responsable des programmes de réadaptation
des réfugiés tibétains. Les villages, les bureaux régionaux et les centres d'artisanat
en dépendent directement. Il gère plus de 40 villages, centres d'artisanat et
les communautés en Inde et au Népal. Par ailleurs, le Département de l'Intérieur
(Department of Home) maintient tout un réseau de relais dans les villages tibétains
(settlement), centre, zone de forte population tibétaine, ville, etc… Appelé
"Welfare Officer" ou "Representative", ces bureaux centralisent
toute information utile et sont officiellement chargés de veiller sur la communauté
tibétaine et donc, sont les mieux placés pour fournir des informations objectives
et impartiales mais surtout, peuvent conseiller sur les projets d'aide au développement.
Le Département des Finances établit le budget annuel de l'Administration centrale
depuis 1969 et gère les ressources financières de l'Administration tibétaine.
En 1997, face à l'offre croissante des Occidentaux, le Département a lancé notamment
le projet de versement direct des fonds pour soutenir les actions éducatives,
médicales et culturelles de la communauté en exil : Blue Book.
Le Département de l'Éducation, créé depuis 1959, supervise les activités éducatives
en exil et travaille en étroite collaboration avec le gouvernement indien et
les ONG étrangères pour soutenir l'éducation des Tibétains. Il existe aujourd'hui
85 écoles en Inde, au Népal et au Bhoutan pour environ 27 000 élèves. A noter
que 92 % des enfants tibétains en exil sont scolarisés. Depuis dix ans,
le Département a relevé le défi d'introduire la langue tibétaine pour toutes
les matières enseignées jusqu'au niveau du lycée.
Le Département de la Sécurité fonctionne depuis 1959, son rôle principal est
d'assurer la sécurité personnelle du Dalaï-Lama. Un bureau de ce département
organise les audiences publiques et aide les Tibétains réfugiés à obtenir des
papiers. Ce département est également chargé de recueillir tous renseignements
sur le Tibet occupé.
Le Département de l'Information et des Relations Internationales fonctionne
depuis 1972. Il diffuse les informations concernant la situation au Tibet et
organise les relations extérieures de l'Administration Centrale. Il publie des
journaux en tibétain, hindi, anglais, chinois et arabe sur le Tibet. Il veille
au respect des droits de l'homme, aux problèmes écologiques et à la condition
de la femme. Enfin, il coordonne les treize bureaux de représentation dans le
monde : New York, Genève, Londres, Paris, Bruxelles, Moscou, Tokyo, Canberra,
Pretoria, Taipeh, Katmandou et New Delhi, ainsi que Washington. Ces bureaux
de représentation sont des relais officiels du gouvernement tibétain en exil
à l'étranger et sont en mesure de fournir toute information utile sur l'administration
et la communauté tibétaines, et peuvent conseiller la meilleure façon d'apporter
de l'aide politique, culturelle, humanitaire et matérielle aux Tibétains.
Le Département de la Santé, créé en 1982, surveille les besoins sanitaires de
la communauté. La tuberculose, les gastro-entérites, les diarrhées, les maladies
de peau et respiratoires sont encore très virulentes dans les camps en Inde.
Ce département gère l'Hôpital Delek à Dharamsala ainsi que des cliniques de
la médicine allopathique au sein des villages tibétains en Inde. Par ailleurs,
en 2000, le Département a ouvert un centre d'éducation spécialisé pour les jeunes
handicapés tibétains à Dehradun.
La Commission au Plan reconnaît et améliore les ressources humaines, physiques
et financières de la communauté réfugiée. Elle établit les priorités dans le
domaine du développement et élabore notamment les plans prioritaires. Le plan
2004-2007 qui vient de sortir, identifie 153 projets prioritaires dans les domaines
de l'éducation, agriculture, culture, soins médicaux, etc……
La Cour Suprême de Justice, créée en 1992, sert de cour d'appel et de cour constitutionnelle.
Il existe trois commissions statutaires autonomes :
La Commission d'Élection organise et supervise l'élection de l'Assemblée des
Députés, de son Président et vice-président, et des membres du gouvernement.
La Commission du Service public recrute et nomme les fonctionnaires civils,
aujourd'hui au nombre de 350.
La Commission d'audit est responsable de la comptabilité des départements de
l'Administration Centrale et dérivés comme hôpitaux, coopératives, etc.
Ce Bureau appelé Office of Auditor General effectue l'audit de tous les départements,
bureaux et institutions rattachés au gouvernement en exil.
Source : Bureau du Tibet Paris